Thursday, October 29
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Régine Stéphania Manigat : de l’exil à l’entrepreneuriat, le parcours d’une femme haïtienne déterminée

Pradel Henriquez met en lumière le parcours de Régine Stéphania Manigat, une universitaire et ancienne cadre de l’État haïtien qui, contrainte de quitter son pays en raison de l’insécurité, a su transformer les épreuves de l’exil en une nouvelle aventure entrepreneuriale aux États-Unis.

Chaque année, de nombreuses femmes haïtiennes quittent leur pays pour chercher ailleurs de meilleures conditions de vie. Aux États-Unis, en France, au Canada ou dans d’autres pays d’accueil, elles jouent un rôle important dans l’éducation des enfants, la gestion de l’économie familiale et la transmission des valeurs culturelles. Leur parcours témoigne souvent d’une grande capacité d’adaptation, de résilience, de créativité et d’initiative.

C’est dans cette dynamique que s’inscrit l’histoire de Régine Stéphania Manigat, une jeune entrepreneure haïtienne dont le parcours illustre les efforts déployés par certaines femmes pour reconstruire leur vie après avoir été contraintes de quitter leur pays.

De Port-au-Prince à l’exil

Née à Port-au-Prince un 31 décembre, Régine Stéphania Manigat a poursuivi des études universitaires à la Faculté des Hautes Études. Ancienne cadre de l’État haïtien, elle a dû envisager un départ précipité face à la détérioration de la situation sécuritaire en Haïti.

Selon le récit de son parcours, elle a échappé de justesse à une tentative de kidnapping à Delmas 75, alors qu’elle se trouvait dans une station-service bien connue du quartier. Sa maîtrise de la conduite lui aurait permis de déjouer cette tentative et d’échapper au danger.

Cet épisode a renforcé la nécessité de trouver un environnement plus sûr. En décembre 2020, elle décide de s’installer en République dominicaine, laissant derrière elle son pays natal et une situation devenue de plus en plus difficile.

La République dominicaine, première étape entrepreneuriale

Déterminée à subvenir elle-même à ses besoins, Régine Stéphania Manigat prend le temps d’observer son nouvel environnement, d’en comprendre les réalités socioculturelles et d’identifier les possibilités qui s’offrent à elle.

Animée par son intérêt pour la beauté et les soins personnels, elle développe une première initiative entrepreneuriale. Cette expérience lui permet de concrétiser une ambition professionnelle et de poser les bases d’un projet qu’elle entend faire évoluer.

Cependant, les circonstances l’obligent par la suite à abandonner le fruit de son travail en République dominicaine pour rejoindre les États-Unis dans le cadre d’un programme humanitaire connu sous le nom de programme Biden.

Aux États-Unis, reconstruire et recommencer

Son arrivée aux États-Unis marque le début d’une nouvelle étape, mais l’adaptation à un nouvel environnement n’est pas sans difficultés. Malgré les obstacles, elle choisit de poursuivre ses efforts en conciliant formation et travail.

Pendant deux ans et demi, elle suit des cours le matin et travaille le soir. Cette organisation exigeante lui permet progressivement d’économiser et de préparer la relance de son projet entrepreneurial.

C’est ainsi qu’elle donne naissance à sa marque de soins, BOSS LADY TO GO, concrétisant une nouvelle fois son ambition de bâtir une activité indépendante. Cette initiative s’inscrit dans sa volonté de valoriser sa passion pour la beauté et les soins tout en développant une marque qui lui est propre.

Entre études et ambitions professionnelles

Aujourd’hui, Régine S. Manigat poursuit ses efforts pour faire évoluer sa marque tout en accordant une place importante à sa formation universitaire et à l’apprentissage des langues. Son parcours témoigne de sa volonté de ne pas abandonner ses objectifs académiques, malgré les changements de pays et les difficultés rencontrées.

Son histoire rappelle celle de nombreuses personnes issues de la diaspora haïtienne qui tentent de reconstruire leur vie à l’étranger, souvent après avoir fui l’insécurité, les crises politiques, les catastrophes naturelles ou les difficultés économiques qui fragilisent le pays.

Haïti connaît depuis longtemps des crises successives qui poussent des familles entières à l’exil. Au-delà des facteurs économiques et politiques, l’insécurité et l’affaiblissement des institutions contribuent également à rendre le quotidien de nombreux citoyens particulièrement incertain.

Un parcours qui veut entretenir l’espoir

Dans un contexte où les informations négatives occupent une place importante dans les médias et sur les réseaux sociaux, le parcours de Régine Stéphania Manigat met en avant une autre réalité : celle des femmes qui, malgré les difficultés, continuent à se former, à travailler et à entreprendre.

Son expérience ne fait pas disparaître les obstacles liés à l’exil, à l’intégration ou à la reconstruction professionnelle. Elle illustre néanmoins la manière dont la détermination et la persévérance peuvent contribuer à ouvrir de nouvelles perspectives.

Pour Pradel Henriquez, ce parcours représente un témoignage de courage et d’espoir. Qu’elles vivent dans leur pays natal ou sur une terre d’accueil, les femmes haïtiennes continuent de participer à la transformation de leur environnement familial, social et économique.

À travers BOSS LADY TO GO, Régine Stéphania Manigat poursuit cette ambition : faire grandir son entreprise, continuer à apprendre et démontrer qu’un départ forcé peut aussi devenir le point de départ d’un nouveau projet de vie.

Retrouvez son univers :

Par Pradel Henriquez

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